Elle avait arrêté l’équitation depuis quelques années.

Elle avait aujourd’hui un jeune cheval et une envie très claire : trouver une vraie complicité avec lui, au sol comme à cheval.
Mais avant de remonter, nous avons pris le temps de reprendre les bases… et surtout de retrouver les sensations sur simulateur.
Pas pour « faire du simulateur » pendant des heures.
Le travail était coaché, expliqué, ressenti.
Nous avons travaillé son équilibre, les dissociations, les mouvements de son corps, ses blocages, ses sensations… Bref, tout ce qui permet à un corps de devenir progressivement un corps de cavalière.
Puis est arrivé le moment des vacances.
Elle est partie faire une balade avec son ami, avant même d’avoir réalisé la deuxième étape que nous avions prévue : le travail sur un cheval d’école.
À son retour, elle m’a raconté sa balade.
Elle avait été étonnée de son aisance.
Elle qui pensait que le chemin serait long, qu’il lui faudrait certainement beaucoup de temps avant de retrouver une vraie facilité à cheval, a finalement découvert qu’elle pouvait déjà monter avec beaucoup plus de naturel.
Et puis son accompagnateur lui a lancé :
« Qu’est-ce que tu montes bien ! »
Cette phrase, finalement, en dit beaucoup.
Parce qu’elle ne s’attendait pas elle-même à ce que le travail réalisé sur simulateur soit déjà aussi perceptible à cheval.
Et c’est là que le simulateur prend tout son sens.
Il ne s’agit pas de remplacer le cheval.
Il s’agit de préparer le cavalier à le retrouver.
Lui permettre de comprendre ce qu’il fait, de sentir ce qui se passe dans son corps, d’identifier ses blocages, de retrouver son équilibre et d’apprendre progressivement à dissocier ses actions.
Le tout avec un accompagnement.
Car un simulateur seul, sans explication ni regard extérieur, ne fait pas tout.
Le véritable travail se trouve dans ce que le cavalier comprend, ressent et apprend à reproduire.
Cette élève n’a pas encore réalisé la deuxième étape sur cheval d’école.
La suite reste donc à construire.
Mais cette première balade a déjà apporté quelque chose de précieux : la preuve que le travail préparatoire peut permettre au cavalier de retrouver plus rapidement de la confiance, de l’aisance et de la disponibilité lorsqu’il retrouve un cheval.
Et peut-être que le plus beau résultat, finalement, c’est simplement de monter et de se sentir bien.
Parce que le cheval le ressent aussi.
Un cavalier qui se sent bien, qui est disponible et qui fonctionne avec plus de justesse offre au cheval des conditions dans lesquelles, lui aussi, peut se sentir bien.
Et c’est finalement là que commence la vraie complicité.
