Pourquoi avoir développé des simulateurs équestres ?
Parce qu’avant de demander au cheval de s’adapter à nous, il faut apprendre à mieux utiliser notre propre corps.
J’ai développé les simulateurs équestres avec une idée simple :
permettre au cavalier de travailler sur lui-même sans que le cheval ait à subir ses erreurs d’apprentissage.
À cheval, nous demandons énormément à notre corps.
Nous devons trouver notre équilibre, coordonner nos mouvements, utiliser nos aides, accompagner le mouvement du cheval, nous adapter à ses changements d’équilibre…
Et pourtant, nous sommes souvent peu conscients de ce que fait réellement notre propre corps.
Une tension, un déséquilibre, un manque de mobilité ou une mauvaise coordination peuvent sembler anodins pour le cavalier.
Pour le cheval, ils ne le sont pas forcément.
Le cheval ne devrait pas avoir à apprendre nos erreurs
C’est cette réflexion qui est à l’origine de mes recherches.
Lorsqu’un cavalier apprend, il tâtonne.
Il cherche son équilibre.
Il expérimente ses aides.
Il essaie de coordonner ses mouvements.
Il fait des erreurs, recommence, ajuste.
C’est normal.
Mais lorsque cet apprentissage se fait directement sur le cheval, c’est aussi lui qui doit composer avec nos tâtonnements.
J’ai donc cherché un moyen de donner au cavalier un espace où il puisse chercher, expérimenter, comprendre et recommencer, sans demander au cheval de compenser en permanence.
C’est ainsi que l’idée des simulateurs a commencé à prendre forme.
Un outil pour apprendre à ressentir
Je ne voulais pas simplement créer une machine capable de reproduire le mouvement d’un cheval.
Ce qui m’intéressait était ailleurs.
Que peut-on apprendre lorsque l’on peut se concentrer sur son propre corps ?
Que se passe-t-il lorsque l’on peut répéter un mouvement ?
Le décomposer ?
L’observer ?
Le ressentir ?
Modifier un détail et recommencer immédiatement ?
Le simulateur permet de créer cet espace d’apprentissage.
Le cavalier peut prendre le temps de comprendre ce qu’il fait réellement, plutôt que de seulement chercher à reproduire une position que l’on lui indique.
Il ne s’agit pas seulement de savoir où placer son corps.
Il s’agit de comprendre comment il fonctionne.
Du simulateur… au cheval
Le simulateur n’a jamais eu vocation à remplacer le cheval.
Au contraire.
Son intérêt prend tout son sens lorsque le travail réalisé dessus peut être retrouvé ensuite à cheval.
L’objectif est de construire des sensations, de développer la conscience corporelle, d’améliorer la coordination et la précision, puis de permettre au cavalier de transférer progressivement ces nouveaux repères dans sa pratique.
Le simulateur devient alors un outil complémentaire.
Un espace où l’on peut préparer, comprendre et affiner avant de retrouver la réalité du cheval.
Deux années d’expériences
Depuis deux ans, je fais travailler des cavaliers très différents sur ces simulateurs.
Des débutants.
Des cavaliers qui cherchent simplement à mieux comprendre leur corps.
D’autres qui rencontrent une difficulté particulière.
Des cavaliers expérimentés qui souhaitent affiner leur fonctionnement.
Et des personnes qui, pour différentes raisons, avaient besoin de retrouver progressivement confiance et aisance.
Ces expériences ont été essentielles.
Elles m’ont permis de confronter mes premières idées à la réalité.
D’observer.
De questionner.
De modifier.
De recommencer.
Et surtout, de découvrir que le simulateur pouvait permettre de travailler bien plus de choses que je ne l’avais imaginé au départ.
Un outil qui continue d’évoluer
Je ne considère pas aujourd’hui les simulateurs comme un projet terminé.
Les expériences réalisées avec les cavaliers continuent de nourrir ma réflexion.
Chaque séance apporte de nouvelles observations.
Certaines confirment mes premières intuitions.
D’autres m’amènent à revoir ma façon de faire ou à explorer de nouvelles possibilités.
C’est cette démarche qui m’intéresse :
ne pas chercher à faire entrer le cavalier dans une méthode figée, mais continuer à chercher comment mieux l’accompagner.
Pourquoi le bien-être du cheval reste au centre
Derrière tout ce travail, il y a une raison essentielle :
le cheval.
Le simulateur n’est pas intéressant simplement parce qu’il permet au cavalier de progresser.
Il l’est aussi parce qu’un cavalier qui comprend mieux son corps peut devenir un partenaire plus équilibré, plus précis et plus disponible pour son cheval.
Mieux se connaître.
Mieux ressentir.
Mieux comprendre ce que l’on demande.
Et finalement, demander avec davantage de justesse.
C’est là que le travail du cavalier rejoint directement le bien-être du cheval.
Le Journal du simulateur
Une réflexion qui se construit au fil des expériences
Ces deux années d’expérimentation ont donné naissance à une nouvelle envie : partager ce que j’observe.
Pas pour présenter les simulateurs comme une solution miracle.
Pas pour démontrer qu’ils peuvent tout remplacer.
Mais pour montrer ce qu’ils permettent réellement de travailler et ce que ces expériences m’apprennent sur le cavalier, son corps et sa relation avec le cheval.
C’est le rôle du Journal du simulateur.
Vous y trouverez des expériences vécues, des observations, des réflexions, des témoignages de cavaliers et des situations concrètes rencontrées au cours des séances.
Certains articles parleront du corps du cavalier.
D’autres de difficultés rencontrées à cheval.
D’autres encore de sensations, d’apprentissage, de progression ou du transfert du travail réalisé sur simulateur vers le cheval.
Il n’y a pas d’ordre à suivre.
Chaque article est une nouvelle expérience, une nouvelle observation, une nouvelle pièce du puzzle.
Le Journal du simulateur raconte ainsi une recherche qui continue de se construire sur le terrain, au contact des cavaliers et de leurs chevaux.
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